Le permis blanc est-il un mythe virtuel ?

permis blanc

Tous ceux qui ont vu leur capital de points flamber ou leur nouveau permis de conduire retiré espèrent beaucoup du permis blanc, qui a la réputation d’être LA solution miracle sur la Toile… Mais pour moi, c’est surtout un mythe virtuel, largement répandu par les sites spécialisés.

Vous en connaissez beaucoup, vous, des personnes qui roulent avec un permis blanc ?

D’ailleurs, dans le livre 65 astuces légales pour garder ou récupérer son permis de conduire, l’auteur, avocat spécialisé au Code de la Route, nous explique même qu’il a été supprimé en 2003… Et pourtant, le site officiel du Service Public parle de cette disposition administrative comme de quelque chose de toujours actuel… Il y a vraiment de quoi s’y perdre ! Heureusement, tout à fait par hasard, mon dernier repas de famille m’a permis d’y voir un peu plus clair. Je vais vous expliquer !

Je vais vous raconter les mésaventures de ma cousine et de mon beau-frère, deux « anticonformistes » du Code de la Route… Mais je préfère être honnête avec tous ceux qui pensent pouvoir conduire en toute impunité après un permis retiré, grâce à une disposition administrative qui sort de nulle part : vous allez être bien déçus ! Non, le père Noël n’existe pas et le permis blanc, ce n’est pas la panacée ! C’est par contre un joli conte de fée, qui fait le bonheur des automobilistes imprudents ou arrogants.

Ma cousine, la désinvolture incarnée, en a fait les frais ! Elle qui pensait que « commettre de petites infractions, ce n’est pas grave », en a cumulé tellement qu’elle a vu son permis invalidé presque du jour au lendemain. Mais pour elle, ce n’était toujours « pas grave parce qu’il y avait le permis blanc ». Sauf que ce qu’on avait oublié de lui dire, c’est que cet aménagement ne s’adressait qu’aux personnes sous le coup d’une suspension judiciaire du permis de conduire. Résultat : elle a pris le bus pendant 6 mois. Alors oui, elle a récupéré son permis mais ça a été long et coûteux, et sans permis blanc ! Cette mésaventure l’a en tout cas rendue plus prudente au volant…

Les mésaventures de ma cousine et mon beau-frère

Pour mon beau-frère, ça n’a pas été la même histoire, mais les désillusions ont été aussi fortes ! Lui, c’est l’archétype même du mec arrogant, et il aime les voitures de sport autant que la vitesse. Contrôlé à plus de 180 km/h sur l’autoroute, ses passions l’ont mené directement au tribunal. Résultat : 6 points retirés, 135 € d’amende, permis suspendu… ça fait cher la montée d’adrénaline ! Sa première réaction : « Pas grave, je vais demander le permis blanc ». Bien essayé, mais en théorie seulement. Certes, rien dans l’infraction qu’il avait commise n’excluait la possibilité d’aménager sa sanction (pas d’homicide, pas de mise en danger de la vie d’autrui, pas de conduite sous l’emprise d’alcool ou de stupéfiants, pas de délit de fuite, ni de refus de soumettre au contrôle) mais cela ne voulait pas dire que la partie était gagnée d’avance, ce qu’il a eu tort de croire…

Parce que même quand on a une grande bouche et des arguments, l’attribution du permis blanc reste au bon vouloir du juge. Et ce jour-là, il est tombé sur un magistrat qui n’a pas été convaincu par sa prestation du bon samaritain qui rendait régulièrement visite à sa mère malade. Le coup du mec qui a besoin de sa voiture pour travailler à deux kilomètres de chez lui n’a pas non plus donné de résultat. Conclusion : ses voitures de sport sont restées au garage pendant 6 mois et mon beau-frère s’est fait conduire par ma sœur pendant la durée de sa suspension.

La conclusion de ces deux histoires, c’est que :

1°) L’attribution du permis blanc est soumise à de très nombreuses conditions de départ,

2°) Même quand ces conditions sont réunies, il n’est pas facile de berner un juge pour l’obtenir,

3°) Le permis blanc existe toujours mais il est rarement octroyé, c’est pour cela que j’estime qu’il s’agit d’un mythe virtuel, trop largement répandu comme une solution miracle sur la Toile.

Comments

  1. Julie says

    C’est un peu dommage de savoir que des personnes pensent s’en sortir en commettant des infractions. Certes, le code de la route est contraignant mais s’il n’existait pas on serait dans l’embarras niveau circulation. Quant aux conditions d’attribution du permis blanc, j’ose dire que c’est une chance qu’elles existent, sans quoi ce serait trop facile ! :) merci pour votre article qui est nécessaire à mon sens !

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