L’Or noir au compte-goutte

La flambée de l’Or noir:

Le spectre fantasmagorique qui hante les économistes du monde entier depuis les années 70 se matérialise à nouveau et s’inscrit sur leurs lèvres par le terme de « choc pétrolier ». Et si l’agitation dans le monde arabe fait craindre une nouvelle flambée du prix du pétrole, plus que jamais le précieux liquide opaque se distille au compte-goutte et les prix n’ont de cesse d’augmenter réduisant notre porte-monnaie à une peau chagrin.  Si 2011 avait déjà vu une envolée du prix du combustible, ce mardi 13 mars le litre de sans-plomb 95 atteignait le triste record historique et symbolique de 2€ et des poussières dans une station essence de Paris près de la Bastille. En France, ce ne sont pas moins de 500 000 professions libérales et 600 000 commerçants et artisans qui sont touchés par la hausse déconsidérée du prix du carburant.

Les répercussions sur la vie quotidienne : 

À Grenoble un fait insolite  attire notre attention et force un sourire de consternation. Amputée d’une partie de ses revenues, une auto-école se voit dans l’obligation d’augmenter les tarifs de ses heures de conduites (une heure est facturée à présent 47€ au lieu de 40€) faisant ainsi des non-conducteurs les proies du système au même titre que les autres usagers de la route. Dans un même souci d’économie, les sites de covoiturages se font de plus en plus nombreux, et inondant la toile, il témoigne ainsi de la demande toujours plus dense de ce système qui prend une ampleur remarquable depuis l’augmentation du prix du carburant. Quant au transport en commun, on assiste  à une véritable recrudescence du trafic dont l’augmentation de la fréquentation croit en même temps que la courbe du prix de l’essence.

Mais si certaines âmes s’organisent  répartissant les coûts sur divers protagonistes ou favorise l’éco conduite et  l’éco partage qui devient monnaie courante, d’autres individus adeptes de la débrouille et flibuste sur les bords plongent dans l’incivisme.

Une recrudescence de la piraterie ?

Les routiers sont les premières victimes de cette mouvance pratiquée par des bandes organisées qui siphonnent le réservoir des poids lourds et revendent à moindre frais le contenu créant là un réseau parallèle et une économie souterraine. Ainsi cette nouvelle forme de délinquance routière transforme les aires d’autoroutes en véritable pousse aux crimes.  Qu’on se le dise le carburant se vole et la facture s’allonge. Les actions isolées ne sont pas des moindres non plus et se traduisent autant par des réservoirs vidés que par des vols de bidons d’essence dans les grandes surfaces. Plus impressionnant encore, les cas de grivèlerie (s’enfuir de la station sans avoir régler l’addition) deviennent un véritable phénomène. Le réseau routier lyonnais à lui seul recense un accroissement de 44 %.

Si la situation devient conflictuelle, la mésaventure ne manque pas de s’inviter dans le programme des candidats aux élections présidentielles. Si de part et d’autres les idées fusent et les arguments s’entrechoquent, une seule certitude semble pouvoir s’échapper de la nébuleuse : la solution tant espérée ne devrait pas pouvoir pointer le bout de son nez avant la fin de l’année…

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